Boomerang

vendredi 5 juin 2009, aux alentours d'une heure indue, par Olivia Lanchois

boomerangAuteur: Tatiana de Rosnay
Éditeur : Héloïse d’Ormesson
1ère édition : 2009
Nb de pages : 376
Lu : juin 2009
Ma note 3

4ème de couverture :
Sa sœur était sur le point de lui révéler un secret… et c’est l’accident. Elle est grièvement blessée. Seul, l’angoisse au ventre, alors qu’il attend qu’elle sorte du bloc opératoire, Antoine fait le bilan de son existence: sa femme l’a quitté, ses ados lui échappent, son métier l’ennuie et son vieux père le tyrannise. Comment en est-il arrivé là? Et surtout, quelle terrible confidence sa cadette s’apprêtait-elle à lui faire? Rattrapé par le passé, Antoine Rey vacille. Angèle, une affriolante embaumeuse, lui apportera une aide inattendue dans sa recherche de la vérité. Entre suspense, comédie et émotion, Boomerang brosse le portrait d’un homme bouleversant, qui nous fait rire et nous serre le coeur.

Mon avis
On retrouve ici les principaux thèmes de La mémoire de murs, la mort, le deuil, la perte d’un parent. Toujours avec finesse et sensibilité Tatiana de Rosnay nous brosse le portrait juste d’un homme touché par la mort de sa mère alors qu’il n’avait que dix ans. Le narrateur, Antoine Rey, est un père de famille récemment divorcé, rongé par le doute et le manque de confiance en lui-même. Son passé, sa relation avec son propre père conditionnent son comportement envers ses enfants, sa femme, ses clients. La mort de sa mère revient le troubler après plus de trente ans, à l’occasion d’une surprise faite à sa sœur pour son anniversaire, d’un souvenir soudain ressurgi, d’une rencontre. Une succession d’événements tout à fait fortuits qui le pousse à s’interroger sur son passé, sur l’individu que fut sa mère ainsi que sur les circonstances de sa mort. D’autres facteurs interviennent dans le récit, qui contribueront à le rapprocher de la question de la mort, de fragilité de la vie et de l’amour. Bon, dit par moi ça fait un peu cucul la praline mais le livre ne l’est pas du tout !
Le personnage d’Antoine est très fouillé, c’est un enfant qui n’a pas vraiment grandi, marqué par la perte de sa mère, et qui n’a jamais pu l’exprimer. Sa vie, son divorce, ses relations avec ses enfants nous montrent un grand enfant qui ne sait pas s’affirmer, pas se battre. Le fardeau du secret, dont la connaissance inconsciente accentue le poids, semble le brider à plus d’un niveau. Sa rencontre avec Angèle lui redonnera confiance, ainsi que l’élan nécessaire pour affronter son passé. Angèle, amazone de cuir chevauchant une monture de feu (ouaaah je me lâche là !) est tout son contraire : libre et libérée, sans attache, à l’aise avec la mort (et les morts), elle a survécu a un deuil et s’est construite autour de lui, sans tabou.
Une lecture plus que sympathique et un sujet profond, des personnages attachants, des coups de théâtre efficaces, que demander de plus ?

About Olivia Lanchois

Web-bidouilleuse depuis 2002, blogueuse depuis 2005. Lectrice et photomane convulsive. Amies de bêtes. Miaou.

2 commentaires »

  1. Miss Alfie dit :

    Ma dernière expérience avec T.de Rosnay m'ayant semblé fugace, je m'interroge… Dois-je aller au delà de ma découverte de cet auteur dont j'ai parfois l'impression que les thèmes tournent en rond (la disparition, la quête de l'absent…).

    <abbr>Le dernier billet de Miss Alfie : JF cherche avis pour lectures de vacances</abbr>

  2. Moutie dit :

    Je viens de terminer Boomerang. Lecture agréable, des moments d'émotion mais le personnage de la mère m'a semblé naïf : comment divorcer dans les années 30 et penser que l'on pourra récupérer ses enfants quand on a un mari avocat célèbre dans un milieu bourgeois qui ne pardonnera jamais la Faute commise ? Par contre, j'avais beaucoup aimé « elle s'appelait Sarah ».

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