Clara et la pénombre

Dimanche 5 février 2012, aux alentours d'une heure indue, par Olivia Lanchois (My Inner Shelf)

  • Auteur : José Carlos Somoza
  • Ma note : wouah
  • Lu : janvier 2012

4e de couverture

2006. Dans ce futur dangereusement proche, la représentation des corps ne fait plus recette au sein du marché de l’art, qui cote désormais des toiles humaines. Signées par de grands maîtres, elles sont louées, vendues, manipulées, livrées à tous les regards, à tous les fantasmes.
Clara est modèle. Elle rêve d’être peinte par le dieu de l’art hyperdramatique : Bruno Van Tysch. Mais, tandis que la jeune toile est apprêtée dans un pavillon isolé des abords d’Amsterdam, la Fondation Van Tysch est en émoi. Une œuvre de grande valeur a été dérobée et détruite par un mystérieux meurtrier qui officie suivant des rites affreusement artistiques.
A la manière de Rembrandt, José Carlos Somoza dépeint de violents clairs-obscurs. Les déviances de l’art font écho aux dérives de nos sociétés, et les contrastes de ce magistral jeu de lumière conduisent chacun à mesurer le prix du beau à l’aune de la valeur du vivant.

Mon avis

J’ai découvert Somoza avec La théorie des cordes, puis avec La Dame no 13. L’auteur ne cachait déjà pas une bonne part de folie et de génie. Pour un ancien psychiatre on ne pouvait espérer moins. Avec Clara et la pénombre, il propose à nouveau un univers bien particulier, raffiné, un style délicieux, qu’il met au service de propos abominables. Car si l’on se penche sur le fond, à savoir une forme d’art qui implique la soumission physique et mentale d’êtres humains, il y a de quoi frémir. Somoza invente l’art hyperdramatique pour le plus grand plaisir du lecteur, il tisse autour de cette forme d’art tout un réseau très réaliste de réflexions et tout nous paraît d’une crédibilité imparable. Le milieu du marché l’art est particulièrement bien vu, et la vision artistique et picturale magnifiquement retranscrite. Somoza a réussi à peindre un roman fascinant, à l’instar de ses personnages qui peignent des humains sur plusieurs plans. On oscille entre un monde réaliste et un monde où certains tabous seraient tombés, cet écart subtil illustre l’adresse et le génie de Somoza à raconter dans un langage magnifique des choses que lui seul pouvait imaginer.


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