La sonate à Kreutzer

Samedi 11 décembre 2010, aux alentours d'une heure indue, par Olivia Lanchois (My Inner Shelf)

Auteur: Léon Tolstoï
Éditeur : La Bibliothèque électronique du Québec
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1re édition : 1889
Nombre de pages : 109
Lu : décembre 2010
Ma note : 3

Mon avis
Un homme raconte le drame de sa vie à un voyageur durant un trajet en train. Il a tué sa femme, a été acquitté, et explique ce qui l’a poussé à passer à l’acte.
Ce personnage est profondément exécrable, mais fascinant. Il relate sa vie passée depuis son adolescence jusqu’à son mariage, puis sa vie conjugale, jusqu’à l’inexorable tragédie. Sa vision des choses est abominable et reflète un tempérament instable, presque délirant. D’abord libéré et coureur de jupon, il devient misogyne, coincé, presque puritain dans sa façon de voir le mariage, les femmes, et leur rôle dans le couple. Tolstoï a écrit ce court roman lorsqu’il traversait lui-même une phase difficile et l’on peut se demander à quel point il y a de lui dans cet odieux individu.
Le « héros » réalise très vite qu’il n’a rien en commun avec sa femme, le sexe étant la seule raison qui les rapproche entre deux disputes. L’amour laisse rapidement la place à une haine réciproque, tempérée ponctuellement par le plaisir charnel, malgré le manque total d’affinités. Une jalousie maladive ne tarde pas à le torturer, son égocentrisme finit par avoir raison de lui. On assiste à la lente évolution d’un homme qui devient fou, qui malgré son acte criminel persiste dans son délire et croit détenir la vérité.
Fascinant et dérangeant, ce roman gagnerait à être lu suivi des réponses de Sofia Tolstoï, l’épouse de l’auteur, À qui la faute ? et Romance sans paroles.


3 commentaires »

  1. Reka dit :

    Fondamentalement, A qui la faute, le roman de Sophie Tolstoï qui fait écho à la Sonate à Kreutzer n'apporte pas de plus value, je trouve. Son roman à elle ne sert qu'à confirmer le talent de Léon Tolstoi…

    C'est ce que j'ai essayé d'expliquer de ce côté : http://marecages.be/?p=2756

  2. Titine dit :

    Je n'ai pas encore lu "La sonate à Kreuzer" mais j'ai très envie de découvrir ce court roman. Effectivement Léon Tolstoï s'est au fur et à mesure détaché de sa femme Sophie. Sa doctrine rejetais également toutes les relations charnelles. Tout cela se ressent dans cette oeuvre.

  3. Karine:) dit :

    Je viens juste de finir de le lire. J'aime Tolstoï mais j'ai mis du temps à me mettre dedans, j'avoue.

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