La sorcière d’Exmoor

Lundi 12 mars 2012, aux alentours d'une heure indue, par Olivia Lanchois (My Inner Shelf)

  • Auteur : Margaret Drabble
  • Ma note : 4
  • Lu : mars 2012 sur Sony PRS-T1

 

4e de couverture

Les mauvaises langues essayaient de nous faire croire depuis une dizaine d’années que Margaret Drabble avait renoncé au roman. La dame il est vrai, célèbre pour son insolence, ne s’était pas fait que des amis : ils en seront pour leurs frais. Avec cette histoire de vieille dame indigne qui tire un magistral – et pathétique – pied-de-nez à la triste et insipide société d’aujourd’hui, la romancière non seulement nous prouve qu’elle n’a pas perdu la main mais rajoute encore quelques gouttes de citron à sa recette. Déjà traduit dans plusieurs pays, La Sorcière d’Exmoor a emballé la critique anglaise… que l’écrivain pourtant n’avait pas toujours ménagée. Ce que résume ainsi le Sunday Times :  » Margaret Drabble est de retour, et dans sa plus grande forme.  »

Mon avis

Amateurs d’action et d’intrigues complexes passez votre chemin. Amoureux de la perfide Albion, ce roman est pour vous. Pour peu que vous soyez amateur d’ambiance so british, de personnages antipathiques, et de sociologie britannique, ce roman vous comblera du début à la fin. Car l’auteur nous dévoile ici un pan de la société britannique de fin de siècle (du XXe, hein !) au travers d’une famille de parvenus qui ont bien profité de la célébrité et de la richesse de leur mère, un auteur reconnu d’ouvrages sociologiques et historiques. Tout le monde en prend pour son grade, les institutions, les politiques, ainsi que les personnages eux-mêmes, les trois enfants Palmer, de véritables affreux, d’antipathiques enfants gâtés pourvus de conjoints plus ou moins bien placés dans la vie. Mais ce n’est pas leur faute, car leur mère, Frieda Haxby Palmer, vieille dame excentrique à la retraite, est elle-même une affreuse bonne femme. Cette dernière décide de s’exiler sans raison apparente et à la surprise de tous dans une vieille bâtisse en décrépitude avancée, au bord d’une falaise, loin de tout. Mais Frieda, qui n’a de compte à rendre à personne, et encore moins à ses rejetons qui l’indiffèrent, envisage d’écrire ses mémoires, de cracher sur le papier son histoire et celle de sa sœur décédée. Le roman est foisonnant, alors que finalement il ne s’y passe pas grand-chose, du moins en apparence. Car ici rien n’est important, mais tout compte. Le secret de famille passe au second plan. Les petits et grands soucis des enfants Palmer et de leurs pièces rapportées sont un détail du tableau de peint Margaret Drabble, de même que la retraite inexpliquée et de la vieille Frieda, de son désir d’écrire ses mémoires. L’indigne mère passe pour sénile aux yeux de ses proches, pauvres individus bas du front à qui il faut une explication pour tout. Frieda, son désir d’isolement, ses enfants nantis et leurs aspirations, son passé marqué par sa propre mère et sa sœur, tout autant de détails et d’aspects qui finalement n’ont de sens que dans un ensemble, dans un tableau de famille avec tous ses aléas et ses sentiments refoulés ou absents. Un portrait de famille comme une autre dans le fond, où les personnages sont au bout du compte plus nuancés qu’il n’y paraît.


3 commentaires »

  1. Manu dit :

    Je n'en garde pas un très bon souvenir de mon côté
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  2. Joelle dit :

    Je suis assez tentée, surtout pour le côté tout le monde en prend pour son grade, mais je reste quand même un peu tiède … il me semble avoir lu des avis plus mitigés ! A voir s'il est à la biblio car je ne connais pas du tout l'auteure !
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  3. Faut aimer le côté british et l'aspect étude sociologique sinon c'est pas la peine, c'est sûr ^^

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