Sans nom

Samedi 1 octobre 2011, aux alentours d'une heure indue, par Olivia Lanchois (My Inner Shelf)

  • Auteur : Wilkie Collins 
  • Éditeur : Phébus/Libretto
  • 1re édition : 1862 
  • Nombre de pages : 830
  • Ma note : coup de cœur
  • Lu : septembre 2011

4e de couverture

Nul doute que Wilkie Collins n’ait donné avec Sans nom (1862) l’un de ses plus intraitables chefs-d’œuvre : celui en tout cas qui privera le mieux de sommeil le lecteur assez téméraire pour s’y plonger, pour s’y perdre. De tous ses romans, celui que préférait Dickens.

C’est aussi le plus noir : portrait d’une femme dépossédée de toutes ses espérances (et même de son identité) à la suite d’un complot fomenté par des gens du meilleur monde. Elle se battra, se salira les mains, fera le terrible apprentissage de la liberté… et nous tiendra en haleine huit cents pages durant au fil d’une intrigue qui ne nous épargne rien. Prétexte, pour l’auteur, à décorseter la bonne société victorienne avec un sadisme tout hitchcockien.

On comprend que Borges ait pu voir dans les romans de Collins la première expression de la fiction «moderne» : dont l’enjeu, selon lui, se résumait à peu près à ceci : dire et montrer ce qu’il est convenu de taire et de cacher.

Mon avis

Je suis toujours aussi friande de Wilkie Collins, et Sans nom se révèle un vrai régal ! Roman touffu, dense, riche en péripéties très  » victoriennes « , Sans nom met en scène la vengeance méthodique d’une jeune fille privée de son nom, de son rang, de son héritage et de son avenir. Malgré son jeune âge, Magdalen Vanstone met en place un plan machiavélique pour récupérer son nom. Si sa sœur aînée s’accommode la mort dans l’âme de sa nouvelle situation avec l’aide de leur fidèle gouvernante, la jeune et intrépide Magdalen n’entend pas se laisser faire et n’hésitera pas à s’acoquiner avec des individus peu recommandables pour arriver à ses fins. La jeune fille se coupera de ce qui lui reste de famille, et exercera, sous un nom de scène, des activités indignes d’une jeune fille de son rang. Magdalen a la naïveté de son âge, mais devient la proie d’un diabolique besoin de vengeance et rien  ne semble l’arrêter. Son obstination et son aveuglement n’ont d’égal que son sens du sacrifice. Elle apparaît tour à tour comme une innocente jeune fille que le désespoir pousse aux plus indignes extrémités, et comme une vengeresse rendue antipathique par son aveuglement. De l’excellent Collins, que je recommande vivement !

 

Lu dans le cadre de la lecture commune de Bibliofolie (désormais fermé)

SI vous avez participé cette lecture, merci de m’envoyer vos liens pour le billet récapitulatif.

About Olivia Lanchois

Web-bidouilleuse depuis 2002, blogueuse depuis 2005. Lectrice et photomane convulsive. Amies de bêtes. Miaou.

5 commentaires »

  1. Estellecalim dit :

    Tu me donnes envie, alors que les résumés croisés précédemment ne m'avaient pas inspirés.
    Pour la LC, j'étais trop débordée, mais je le lirai sûrement quand je le croiserai :)
    My recent post Héritage de Nicholas Shakespeare

  2. Joelle dit :

    Je l'avais noté mais n'avais pas réalisé qu'il dépassait les 800 pages ! Hou la, cela ne va pas être une lecture facile à caser car elle risque de prendre du temps malgré mon intérêt ;)

  3. Titine dit :

    Je lis toujours avec plaisir les livres de Wilkie Collins, c'est toujours un régal. Je n'ai pas encore lu celui-ci mais je l'ai noté dans ma LAL !
    My recent post Beauté, morale et volupté dans l’Angleterre d’Oscar Wilde

  4. itzamna dit :

    Je n'ai pas bien saisi le passe de bibliofolie à ce nouveau blog, très sympa au demeurant (!), mais voici le lien vers mon billet : http://itzamna.over-blog.fr/article-sans-nom-w-wi
    J'avais vraiment adoré : un coup de coeur 2011.
    My recent post Clues, Tome 1 : Sur les traces du passé – Mara

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